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Home > 03 Albums : Cempuis > 72 Cempuis 62 à 70 (Arlette Maroux)
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72-01 25 juin 1965 Arlette Maroux et sa soeur Denise Galland
jacques koch  [Feb 08, 2010 at 06:32 PM]
Arlette; pourquoi n'y a-t-il aucun commentaire concernant cette photo? Personnellement, je la trouve craquante!
Arlette M  [Feb 08, 2010 at 07:32 PM]
Jacques : Cette photo a été prise un lundi. Nous avions été très surprises que Monsieur Lenthéric donne un grand coup de sifflet pendant la récréation de 10h et appelle : Denise - Arlette, ici. Notre voisine de palier à Paris (madame Sallé) était venue nous voir. Nous l'aimions beaucoup et nous étions heureuses. Mais nous avions aussi compris qu'elle était porteuse d'une mauvaise nouvelle. Cela s'est avéré exact quelques mois plus tard. Et il me reste comme souvenir, ces imbéciles qui nous obligeaient à écrire une lettre aux parents une fois par mois. Nous devions écrire comme tout le monde..... pas d'exceptions, mais à qui ? C'était un moment très cruel, faire semblant quand on est enfant, c'était terrible. Mais j'aime cette photo, et je la regarde souvent..., mais pour une toute autre raison. Des bises Jacques.
Régine M.  [Feb 08, 2010 at 08:49 PM]
Bonsoir Arlette,
Que d’émotion dans ce que tu viens d’écrire. Honte à ceux qui vous ont fait ça.
Gros bisous
Christiane Boulay  [Feb 08, 2010 at 11:25 PM]
Bonsoir Arlette, Comme Régine, je trouve très émouvant ton récit. La bêtise humaine laisse sans voix. Quelle cruauté pour vous, le moment du courrier, écrit pour ne jamais être lu, vide de sens, un vrai supplice. Vous ne pouviez même pas crier, on vous avait retiré la parole. Un jeu de dupes. Les autres enfants savaient-ils ? Que de souffrances pour vous, enfant. Bisous à toi, Arlette, et à Régine, Christiane
Gilles.A  [Feb 11, 2010 at 01:44 PM]
Arlette,
Quel triste lièvre que tu soulèves là !
Ah le courrier obligatoire pour qui ? Pourquoi ?
Comme tu le soulignes, ce moment peu ordinaire d’écriture, rempli de troubles avec en nous ce seul regrets de savoir que nous n’aurions aucun retour.
Si belle soit notre dernière lettre nous nous rendions à l’évidence à chaque nouvelle distribution du courrier.
Toujours pas d’appel de son nom…..
Malheureusement cette obligation d’écrire aux parents sous prétexte que l’administration devait donner la preuve de son suivit relationnelle entre les familles, m’a paru d’une invraisemblance au fur et à mesure que je grandissais.
Surtout que chaque courrier était relu avant leur envoi.
Des fois qu’il nous viendrait à l’esprit d’écrire des choses pas convenables ….
Le courrier reçu lui aussi était ouvert, je n’ai jamais su la raison de cette pratique ou plutôt je ne l’ai su que plus tard.
Peut-être déjà qu’à l’époque nos chers dirigeants pensaient trop à notre sécurité.
Croyant qu’une lettre ou un colis piégé n’était pas à exclure !
Va savoir !!!
Je me souviens pourtant d’un petit écrit que je m’étais permis d’écrire dans une de mes lettres alors que j’avais dix ans.
J’étais encore au dortoir des petits.
J’expliquais en quelques lignes, que je voulais m’enfuir de l’institution alors que j’avais été tapé par une surveillante.
Cette personne c’était permise de me flageller avec une ceinture dont elle avait soigneusement mouillé le bout.
Le but était de me faire bien mal.
Ajoutant en prime qu’a dix ans je n’allais pas faire la loi dans le dortoir (ce sont ses propres mots).
Le lendemain j’ai été convoqué au bureau du surveillant général.
C’est à ce moment là que j’ai eu la preuve que toutes les lettres étaient lues.
Il m’a tout naturellement demandé de refaire ma lettre devant lui.
J’ai donc écris que je mangeais bien dormais bien et m’amusais bien avec mes petits camarades etc., etc.…
Je ne me rappelle pas d’avoir été questionné sur ce qu’il s’était passé.
Ma lettre terminée j’ai quitté le bureau sans trop comprendre pourquoi j’avais dû refaire ma lettre, alors que ce qui s’était passé était pure vérité !
L’âge aidant j’ai fini par comprendre.
Ne rien dire, ne rien voir, silence, silence, silence……et tout ira bien.
Voilà, à quoi se limitait notre liberté d’expression.
Encore merci Arlette pour ton petit témoignage
Amitiés
Gilles
Christiane Boulay  [Feb 11, 2010 at 02:26 PM]
Bonjour Gilles, L'épreuve du courrier pour nombre d'entre nous était redoutée, tant elle n'avait aucun sens.
Ecrire pour des parents absents, qui ne venaient plus voir leurs enfants depuis longtemps, ne répondaient jamais aux courriers de leurs enfants. Cruel et stupide ! Je ne me souvenais plus de cette farce ridicule.
Vous nous le rappelez si bien, Gilles et Arlette, à nous, enfants, dont les parents, même indigents pour des raisons les plus diverses, ne nous avaient pourtant pas abandonnés.
Le lien, en souffrance, n'avait pas été rompu, sauvegardé malgré les apparences, les embûches.

Quand j'écrivais, je savais que ma lettre était lue par les instances dirigeantes, sans surprise.
Je savais également la joie de ma maman, à chaque courrier. Elle relisait cent fois la lettre, où chaque mot représentait la vie à la pension, lui apportait un peu d'espoir : tout se passait bien pour moi, je n'étais pas trop malheureuse. J'embellissais tout pour ne pas l'attrister davantage. L'obligation dans laquelle elle se trouvait de me confier" à l'OP, mon absence de ce fait, étaient moins douloureuses pour elle.
J'écrivais des banalités d''enfant, comme tout le contenu des autres courriers : "je mange bien, j'ai marqué 3 buts lors du match de hand contre Méru, on est allés faire un concert à Beauvais avec la fanfare, j'ai eu de bonnes notes, j'ai une nouvelle camarade...". Toutes mes lettres et leurs enveloppes étaient conservées soigneusement avec mes bulletins de notes scolaires, mes prix de fin d'année, mes médailles de hand, mes rares photos. J'ai tout retrouvé dans une boîte à gateaux métallique, de galettes bretonnes, j'ai parcouru le contenu avec émotion.

A l'OP, les lettres étaient lues et triées à l'envoi comme à la réception. Quand je partais en camp d'ados, après échange d'adresses à la fin des vacances pour faire durer le lien d'une petite amourette, ou d'amitié naissante, pas de réponse me parvenait après 2 ou 3 lettres envoyées par mes soins. Le silence pour réponse...

Comme tu le dis si bien, Gilles, "ne rien dire, ne rien voir, silence, silence, et tout ira bien...", les punitions injustes, les coups de ceinture reçus, serrer les poings pour résister dans le silence. A qui se confier, à qui se plaindre ...
La liberté d'expression bafouée !!!

C'est encore très vrai aujourd'hui pour certaines collectivités où la chape de plomb est de rigueur, rien ne doit transpirer à l'extérieur.
Amitiés à tous, Christiane
Nom Anonyme  [Feb 11, 2010 at 05:50 PM]
Arlette bonsoir, sincèrement désolé d"avoir éveillé en toi un mauvais moment (il n'y pas pire que celui là). concernant
jacques koch  [Feb 11, 2010 at 05:59 PM]
désolé, mais l'ordi déraille! Dès que je peux, je reviens...
Nom Anonyme  [Feb 12, 2010 at 11:25 AM]
Non, je ne suis pas anonyme, impossible de m'identifier : Christiane Boulay.
Christian, Très émouvant, ton cri de douleur pour ta maman, je le ressens profondément. J'ai perdu la mienne, l'an dernier.
Enfant, le manque était très grand, pour vous enfants laissés à Cempuis, pour toi, ton frère Jean-Claude, Arlette, Denise sa soeur, ....
A chaque visite, chaque vacance, elle vous laissait dans son absence.

Rien ne remplace l'amour d'une mère.

Je compatis... Bises,Chris
Nom Anonyme  [Feb 12, 2010 at 02:19 PM]
Christiane Boulay.
J'ai 1 problème sans doute passager d'identification, mon ancien login ne passe plus. Guy va y remédier quand il aura un moment. Je le remercie pour tout le travail qu'il fait pour maintenir la galerie en état de fonctionnement, et de gérer toutes les photos, un travail de tous les jours.
Je déteste l'anonymat, les lettres sans signature... C'est pourquoi, je mets mon nom en début de message.
Oui, 1971, 30 ans ont passé depuis, le souvenir reste.
Toi même, tu as passé le relais avec ton fils
Bises, Chris
Nom Le passager  [Feb 12, 2010 at 03:03 PM]
Poletto
Christiane Boulay  [Feb 12, 2010 at 03:22 PM]
Mon identification fonctionne à nouveau, tant mieux. Plus de contretemps, plus d'anonymat, pas de travail pour toi, Guy.
Merci au passager du vent. Chris
Nom Anonyme  [Feb 12, 2010 at 06:32 PM]
Guy Hachour :
Je n'ai touché à rien puisque j'étais absent. Encore une fois, c'est une question d'ondes.
Provisoirement, jusqu'à demain, on peut commenter en "Anonyme" car certains inscrits m'ont signalé des difficultés de connexion.
jacques koch  [Feb 12, 2010 at 08:28 PM]
Arlette bonsoir, Je reprend (l'anonyme du 11 à 18h50, c'est bibi!) donc : concernant le courrier (problème informatique?
Christiane Boulay  [Feb 12, 2010 at 09:52 PM]
ça devrait aller maintenant, il semblerait. Bonsoir à tous, Christiane